Prévenir la dénutrition de la personne âgée

Prévenir la dénutrition de la personne âgée

Chez ARH Conseil, nous souhaitons mettre en avant nos experts métiers, nos professionnels de santé, c’est pourquoi, à partir de cette nouvelle rentrée 2015 – 2016, des articles spécifiques vous seront proposés par nos experts, afin de participer au système d’auto-formation.

Bonne lecture !

***

Prévenir  la dénutrition de la personne âgée :

5 éléments à prendre en considération

denutrition-personne-agee-environnement

«  30 à 50% des personnes âgées en institution souffrent d’une malnutrition protéino-énergétique » et « 4 à 10% des plus de 65 ans sont dénutris ». C’est le constat alarmant d’une étude menée en 2004 (Denizart et al. 2004). Depuis, la prévention de la dénutrition fait partie des objectifs prioritaires du Plan National Nutrition Santé.

La dénutrition est un état pathologique résultant d’une insuffisance d’apports nutritionnels par rapport aux besoins. La balance peut être déséquilibrée par des apports amoindris (perte d’appétit, difficultés à s’alimenter…) ou par des besoins accrus (hypercatabolisme, pathologie sous-jacente…).

 

Comment diagnostiquer la dénutrition ?

Pourquoi et comment la prévenir ?

1. La surveillance du poids

En institution ou à domicile, le suivi du poids de la personne âgée est indispensable. S’il ne fallait ne retenir qu’une chose ce serait celle-ci. D’autant plus que ce suivi est rapide à réaliser et ne demande que peu de matériel. La courbe de poids permettra d’observer une perte éventuelle et de calculer l’IMC, bon indicateur de l’état nutritionnel. Une précaution tout de même : si possible, il est préférable de reprendre la taille de la personne, qui diminue avec l’âge. Si cette mesure n’est pas possible à réaliser (personne non valide), on peut calculer la taille grâce à la mesure « genou-talon »

http://www.linut.fr/outils/comment-determiner-la-taille-chez-les-personnes-de-60-ans-et-plus-partir-de-la-distance-talon

Ci-dessous les critères de diagnostic de la dénutrition (SFNEP). La présence d’un seul de ces critères suffit pour poser le diagnostic.

 

Dénutrition modérée

Dénutrition sévère

AGE < 70 ans

Perte de poids  en 1 mois

5 à 10 %

>10%

Perte de poids en 6 mois

10 à 15 %

>15%

IMC

<18,5

<16

Albuminémie

<30 g/L*

<20 g/L*

AGE > 70 ans

Perte de poids  en 1 mois

5 à 10 %

>10%

Perte de poids  en 6 mois

10 à 15 %

>15%

IMC

<21

<18

Albuminémie

<35 g/L

<30 g/L

MNA®

<17/30

Source : SFNEP, article référent : C. Bouteloup et al. Nutr Clin Metabol 2014:28

MNA : Mini-Nutritionnal Assessment  www.nutrimetre.org/PDF/MNAcomplet.pdf

 

2. Des repas adaptés

La dénutrition s’installe parfois parce que le senior ne peut s’alimenter correctement. En question, une dentition en mauvais état, ou une déglutition difficile. La texture des repas doit alors être adaptée aux capacités de la personne.

Egalement, la perception des goûts et des odeurs est altérée avec l’âge. C’est pourquoi il ne faut pas hésiter à proposer des plats variés et attractifs afin de stimuler l’appétit.

L’évaluation des quantités consommées permet de déceler une diminution des prises alimentaires. Si c’est le cas, enrichir l’alimentation permet d’augmenter l’apport calorique sans augmenter le volume consommé. Par exemple,  ajouter du beurre, de l’huile, de la crème, du fromage râpé, du jambon mixé  dans les préparations salées… Ou encore du miel, de la confiture ou du sucre dans les desserts et laitages… Dans cette situation, il ne faut pas hésiter à demander conseil à une diététicienne. Si l’enrichissement s’avère insuffisant, une complémentation orale peut être mise en place, sous avis médical.

3.  L’hydratation

Avec l’âge, la soif est moins bien ressentie. L’aîné, avec l’aide de son entourage, doit donc veiller à boire régulièrement dans la journée. 1L à 1,5L sont nécessaires par jour mais ces besoins peuvent être augmentés en cas de forte chaleur ou de maladie (fièvre, diarrhée).

Sont compris dans les apports hydriques : l’eau bien entendu, mais aussi le café, le thé, les infusions, les jus, les potages. Si l’eau plate est trop fade pour la personne, il est possible d’ajouter du sirop ou du jus de citron selon les goûts.

4.  Maladie et dénutrition

Parce qu’elle entraîne des carences (protéines, vitamines et minéraux), la dénutrition est fortement liée à la maladie : elle peut en être une cause ou une conséquence. C’est un cercle vicieux qui peut s’installer. C’est pourquoi une prise en charge dès les premiers signes de dénutrition est primordiale.

Voici deux exemples de conséquences de la dénutrition :

 denutrition

Ainsi, toute maladie (cancer, défaillance d’organes, pathologies digestives, maladie infectieuse chronique…) augmente le risque de dénutrition et donc le temps de convalescence. La dénutrition accentue ainsi le risque de morbidité et de mortalité.

5.  Isolement et précarité

Les causes de dénutrition sont parfois non médicales. L’isolement, la précarité, les faibles revenus favorisent le risque de voir la personne se dénutrir.

C’est pourquoi les aidants à domicile (auxiliaires ou entourage) et le personnel soignant en institution doivent veiller au bon état moral et psychologique de la personne vieillissante et être attentifs aux repas (quantités consommées).

Dans tous les cas, toute perte de poids involontaire, toute diminution des consommations ou perte d’appétit doit être signalée au médecin traitant, afin de prendre en charge au plus vite une éventuelle dénutrition.

Pour aller plus loin : www.ecole-de-la-denutrition.com (également source image à la une)

Safia BARA

Diététicienne Nutritionniste

www.dieteticienne-63.fr

Laisser une réponse

Votre adresse eMail ne sera pas publiée. Les champs marqués sont obligatoires. *

*

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <strong>
<abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite="">
<cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike>